Myriam, sauveuse des animaux (ou presque…)

Publié le 12 octobre 2017 par Bilqis Tremblay
dans Animaux, Bien-être, Environnement, Plein air

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Nul besoin d’attendre la détresse des uns pour se sentir héros des autres. Quand je vois « Strudel » (nom donné à l’écureuil qui passe chaque jour sur mon fil électrique) et toutes les autres petites bêtes, je suis fière que ma ville soit la gardienne de leur habitat en protégeant ses grands espaces verts.

Petite, je rêvais de sauver les animaux, d’aller à leur rescousse et de les rapporter chez moi afin de leur fournir tous les soins nécessaires pour assurer leur survie. Et, par le fait même, avoir plein de petites bêtes chez moi à gaver d’amour. Je partais donc fréquemment dans ma forêt de Mascouche à la « chasse » aux animaux en détresse. J’espérais trouver un oiseau tombé de son nid, un écureuil abandonné, une portée de mignons chatons à adopter, etc. Déception, ce n’est pas comme dans les films : les animaux vulnérables ne courent pas les bois. Ma chance de devenir une héroïne d’animaux et de voir ma maison se transformer en réserve de la faune animale peut bien aller se rhabiller!

Une fois, cependant, alors que je rentrais chez moi, j’ai eu une grande surprise : à l’entrée gisait un petit lièvre à moitié écrasé.  Il était agonisant, mais pas encore « éteint ».  C’était ma chance! Bon, il lui manquait une patte et l’autre avait surement été écrasée par une voiture puisqu’elle ne suivait pas le reste de son petit corps.

Ma mission de vie commençait : sauver ce petit « Bugs Bunny » qui deviendrait mon meilleur ami. Motivée, je me  mis au travail : construire une boite qui lui servirait de petit lit, lui préparer un repas constitué de salade et de carottes. Remplie de tendresse, je rassure ce petit être en lui donnant un amour que je ne me connaissais même pas, tout ça sous l’œil excédé de mes parents. Il était clair que ceux-ci voulaient désespérément me dissuader et m’inciter à l’abandonner, prétextant qu’il était trop tard et qu’il avait probablement des maladies. Avec ma fougue de jeunesse, je me souviens de les avoir confrontés avec conviction, plaidant mes capacités à sauver cet animal.

Tout était mis en place pour ce nouveau membre de la famille qui ne faisait visiblement pas l’unanimité. Je répétais à mes parents : « Lorsqu’il va retrouver ses capacités et se départir de ses taches de sang séché qui cotonne ses poils (et qui a ramassé la moitié de la gravelle de mon entrée), vous allez l’adorer! » Pourtant, ils ne me laissèrent pas cette chance, car à mon réveil, il n’était plus là. Je bouillais de l’intérieur. En colère, je suis allée voir mon père sachant qu’il était responsable de cette « mystérieuse » disparition. Et lui de me répondre : « Je te l’avais dit Myriam, ce n’était pas une bonne idée. C’est un animal sauvage, il n’était pas bien et il s’est sauvé.» Il me croyait naïve, mais je savais qu’il ne pouvait pas se sauver, car il n’avait plus de jambes!

Sauver le monde… un animal ou un bac brun à la fois!

Je gardais tout de même espoir de fonder mon refuge pour les bêtes en détresse. Une autre fois, j’ai vu un autre animal : un beau petit écureuil mal en point. Assis à cheval sur une hutte de neige, il était bien droit, figé de peur ou… de douleur. C’était clair que c’était ma seconde chance! Tout doucement, je me suis approchée. Il ne bougeait pas. Le froid l’a paralysé, me dis-je. Sans bruit et sans vouloir l’effrayer, je me suis approchée de lui à pas de souris. Voyant qu’il ne bronchait pas, j’ose une approche à l’aide de ma main; un délicat toucher s’en est suivi. À ma grande joie, il se laissa attendrir pour ensuite accepter que je le flatte. Youpi! Je tente le tout pour le tout et j’ose le prendre. Aucune agitation, aucune morsure, ni grafigne. Il m’aime… Ma fierté sur mon visage devait se voir à des kilomètres à la ronde. Dans mes bras, blotti contre ma chaleur, je sens que lui et moi pourrions être amis pour la vie et vivre de grandes aventures. Pourtant, le doute s’installa tranquillement. C’était beaucoup trop facile… Et c’est à ce moment que je remarquai qu’il se vidait de tout son intérieur. C’était la fin de mon rêve.

Avec le recul, je trouve ça beau la naïveté d’un enfant de vouloir sauver le monde comme si rien n’était impossible. J’admire leur détermination surprenante pour atteindre leurs rêves, leurs idéaux. Certains adultes la perdent au fil du temps la trouvant plutôt utopique. L’énergie que les enfants canalisent dans la concrétisation de leurs projets est fascinante en opposition avec notre paresse qui nous amène à voir la complexité qui paralyse au lieu de la débrouillardise qui mène à l’accomplissement.

Nous devrons tous retrouver notre cœur d’enfant et croire que nous pouvons changer le monde en le peignant d’arcs-en-ciel, même avec les gestes les plus anodins.

Nul besoin d’attendre la détresse des uns pour se sentir héros des autres. Quand je vois « Strudel » (nom donné à l’écureuil qui passe chaque jour sur mon fil électrique) et toutes les autres petites bêtes, je suis fière que ma ville soit la gardienne de leur habitat en protégeant ses grands espaces verts.

Moi, je vais faire du compost fièrement avec mon bac brun en 2018… Comme ça, je vais sauver la terre.

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